L’or, le métal précieux le plus traditionnel, n’est quasiment jamais utilisé à l’état pur (24 carats): trop tendre, il se déforme facilement. L’or dit massif est de l’or 18 carats contenant 75% d’or pur et 25% d’autres métaux qui le durcissent et lui donnent sa couleur.
À la base, l’or massif est un alliage d’or, de cuivre et d’argent, avec des parts égales de cuivre et d’argent pour l’or jaune — on préserve alors sa couleur naturelle—, une majorité de cuivre pour l’or rose, et une majorité d’argent pour l’or blanc. Cependant, on peut trouver d’autres métaux, notamment dans l’or blanc, qui comprend parfois du zinc, du cadmium ou du palladium, voire du platine. Généralement adopté dans le haut de gamme, l’or blanc qui contient du coûteux palladium arbore une blancheur idéale. Nul besoin alors de le recouvrir, comme on le fait couramment, d’une pellicule de rhodium, laquelle s’use avec le temps — d’où l’or blanc qui jaunit progressivement et nécessite de nouveaux rhodiages. Certains bijoutiers ou horlogers disposent de leurs propres ateliers de fonte et certains de leurs propres recettes, concoctées dans le but de sublimer les couleurs et/ou d’améliorer la résistance, comme Chanel avec son Or beige, IsabelleFa avec son Rouge royal, Jaeger-LeCoultre avec son Grand Rose Gold, Hublot avec son Magic Gold et Omega avec son Sedna Gold.

Les techniques et outils utilisés dans la fabrication des bijoux et montres haut de gamme en or sont très nombreux, parfois exclusifs. Si l’on a volontiers recours à des technologies de pointe, c’est pour apporter un perfectionnement, notamment une précision, que la main de l’homme ne peut pas produire. Les savoir-faire artisanaux n’en restent pas moins indissociables du luxe véritable. Dans les ateliers, l’or se présente sous différentes formes : plaques, feuilles, barres, tubes, fils, billes… Selon les pièces à former, on peut travailler à froid ou à chaud. Dans le premier cas, on effectue des découpes puis des limages ou ébavurages, pour éliminer toutes les traces laissées, avant de passer à la mise en forme proprement dite. Quel que soit le procédé, l’or va s’écrouir, se durcir, au risque de devenir cassant. Il faudra donc le recuire, le chauffer pour le rendre plus malléable, autant de fois que nécessaire. À chaud, on coule de l’or en fusion dans un moule. La technique la plus traditionnelle et la plus prestigieuse est alors la fonte à la cire perdue. S’ensuit, le cas échéant, le brasage ou assemblage par fusion d’un paillon de brasure de divers éléments. Viennent enfin les finitions et décorations qui, pour être raffinées, se doivent d’être faites à la main. Pour une pièce polie, il convient de travailler progressivement, avec des abrasifs de plus en plus fins, jusqu’à l’obtention d’un poli miroir.

IsabelleFa, la maîtrise de la chaîne
Issue d’un atelier fondé en 1955 à Eisingen, en Allemagne, IsabelleFa est une marque spécialisée dans la fabrication de chaînes en or, lancée en 1987. Elle privilégie des procédés et outils ancestraux, relevant d’un art qui a failli tomber dans l’oubli. Avec la perfection en point de mire, elle produit des colliers, bracelets, boucles d’oreilles et bagues à base de maillons exceptionnels, pour lesquels elle fixe les normes les plus élevées qui soient au monde. Dans sa fonderie intégrée, elle utilise de l’or recyclé issu de sources certifiées pour produire des alliages exclusifs. Signature d’IsabelleFa, un petit flacon orné d’un diamant taille brillant se dissimule dans un fermoir ou à l’intérieur d’un bijou.
EN CHIFFRES
190’000
Tonnes extraites depuis la découverte de l’or (WGC – World Gold Council)
80%
Pourcentage d’or déjà extrait (Estimation USGS – United States Geological Survey, 2018)
2’500 – 3’000
Tonnes d’or extraites chaque année (WGC)
75%
Pourcentage d’or issu de la production minière pour répondre aux besoins annuels. Les 25% restants proviennent du recyclage (WGC)
90%
Pourcentage d’or recyclé issu de la joaillerie. Comme il est pratiquement indestructible, l’or extrait est en quasi-totalité potentiellement disponible pour le recyclage (WGC)
2km
L’or est un métal extrêmement ductile : 1g peut être étiré en un fil ayant 2km de long